Après avoir visionné sa docu-série disponible sur YouTube, les élèves ont pu être sensibilisés à divers thématiques autour de l’homosexualité et préparer des questions qu’ils ont pu poser à Ouissem. En voilà quelques-unes et les réponses que Ouissem a pu donner.
Quels sont les points positifs et négatifs à travailler dans le football ?
- Je dirais que les points positifs sont que tu gagnes ta vie grâce à ta passion, et puis qu’on ne se le cache pas, ça génère beaucoup d’argent et les sensations sont incomparables. Tu es complètement privilégié. Toutefois, ce n’est pas un sport qui véhicule que des bonnes valeurs, c’est un sport qui exclut et qui peut être très dur et violent contre les différences.
« Il faut créer un espace plus tolérant pour tout le monde. »
Est-ce qu’être gay est un choix ?
- Si c’est un choix, cela supposerait qu’il y a un choix à déterminer à un âge. Mais du coup à quel âge se fait-il ? Je ne me suis pas levé un matin en me disant « tiens, est-ce que je préfère les garçons ou les filles ? ». Si ne vous ne vous êtes jamais posé la question de votre sexualité, sachez que pour les homos, c’est pareil.
« Pendant des années, j’ai fait le choix de ne pas l’être, de prier à maintes reprises pour qu’Il me change mais en vain. »
En France et dans de nombreux pays, je peux vous assurer que c’est plus sain d’être hétéro qu’homo, donc pourquoi aurais-je fait ce choix ?
Vous savez, jusqu’au 31 janvier 2022, les centres de thérapie de conversion existaient. Ces centres avaient comme but de « guérir » par différentes pratiques une personne homosexuelle. On pouvait leur administrer des médicaments ou leur faire subir des chocs électriques pour leur faire comprendre qu’être homosexuel c’était mal. Aujourd’hui encore, il n’y a pas de « pour » à être homosexuel.« Ceux qui sont assez fiers de le dire, il faut les soutenir, car leur combat n’a pas toujours été facile. »
Comment est-ce que ta mère a réagi quand tu lui annoncé que tu étais homosexuel ?
- Pendant 2 ans, nous ne nous sommes pas parlés. A chaque fête religieuse, à l’Aïd ou pendant les vacances, quand mes sœurs se retrouvaient avec ma mère, moi j’étais seul car ma mère m’avait complètement renié. Ça a été très violent. Elle m’a mis à la porte. Heureusement, j’avais 28 ans donc j’étais indépendant financièrement, mais le rejet d’une mère de son propre fils, c’était la plus dure des épreuves. Il faut savoir que le taux de suicide dans la communauté LGBTQIA+ est 7x supérieur à celui des hétéros.
« Ma mère m’avait complètement renié. »
Heureusement, j’ai pu compter sur mes sœurs qui ont eu chacune une réaction différente. Une au début pleurait, vomissait, puis elle a accepté. Une autre ne comprenait pas car elle avait une version très stéréotypée des homos et la dernière était soulagée car elle pensait que je fumais.
